actualite | lundi 27 novembre 2017

A la rencontre de Jean-Christian Bourcart

Les étudiants Toulousains en photographie ont eu l'opportunité d'assister à la Master Class du photographe Jean-Christian Bourcart. Nous avons recueilli ses propos en cette occasion.


A-t-il été facile pour vous d’intégrer le monde de la photographie ?
J’ai intégré la photographie très tôt car j’ai commencé à travailler dans un magasin de photo avant même de faire l’école. C’était une véritable passion. 

Vous passez de la photo au cinéma, qu’est-ce qui vous attire dans le cinéma ?
J’aime bien travailler avec plusieurs médiums ; j’écris également et je fais de la vidéo. J’ai eu des expériences de cinéma fiction car j’aime bien faire des choses que je n’ai jamais faites auparavant. J’ai saisi l’occasion de faire des films lorsque cela s’est présenté mais je ne me considère pas comme un réalisateur.  

Vous avez étudié la psychologie, comment la mettez-vous au service de l’art ?
Je la mets plutôt au service de la pédagogie. Dans la pratique artistique, c’est important pour moi de lier le développement personnel avec la créativité et de voir comment ça s’articule. Aussi, mon sujet principal reste l’humain ; je m’interroge souvent au sujet de ma relation avec la personne que je photographie comme un fonctionnement un peu ontologique de ma position par rapport à mon sujet. 

Qu’apporte la psychologie dans vos workshops avec les étudiants ?
L’idée de base c’est quand même d’aider chaque étudiant à trouver sa propre créativité, son propre langage et cela se fait, à mon sens, en allant chercher au fond de soi par rapport à sa propre histoire et même aussi aux traumas. Je pense que c’est là où l’on peut trouver la source de la créativité. Cela est très souvent spécifique de notre histoire familiale, culturelle et sociale. Donc c’est en creusant vers des couches plus profondes, la psyché, que l’on peut trouver des choses intéressantes à raconter et disons vraiment originales.

Pourquoi intervenez-vous à l’ETPA ?
J’ai commencé à faire des stages à l’ETPA 5 / 6 ans après être sorti de l’école ; c’est une longue histoire et c’est toujours un plaisir de retrouver l’équipe ainsi que de nouvelles générations d’étudiants afin d’essayer de leur faire partager ma connaissance ; leur montrer que la création est une affaire de liberté et les aider à lutter contre l’autocensure, à libérer leur créativité, c’est ça qui m’intéresse. 

Quels sont les acquis qui vous ont le plus été utiles dans votre carrière ? 
Le fait d’avoir une formation à l’ETPA, d’avoir l’occasion de travailler en chambre et de couvrir un peu tous les champs de la photographie. Egalement, la rencontre de la culture photographique qui s’est vraiment passée au moment où j’ai étudié à l’ETPA ; disons qu’il y a quelque chose qui s’est déclenché à ce moment-là. Ce qui est important dans les acquis c’est de se nourrir de choses telle que la culture visuelle. Quand on se dédie à travailler dans l’image, il y a une sorte de flux continue d’influence. J’acquiers les connaissances qui sont nécessaires dans le travail que je suis en train de faire.


Aujourd’hui, que retenez-vous de votre formation à l’ETPA ?
Ce que je retiens c'est la rencontre avec la culture et une sorte de vision d’ensemble, un recul de toute la gamme des pratiques photographiques. 

Que souhaitez-vous transmettre aux étudiants lors de vos interventions ?
Un esprit d’aventure sans doute ; prendre des risques et voir ce que ça donne vraiment. L’expérimentation : comment lutter contre les préconceptions que l’on a par rapport à ce que l’on peut faire, ce que l’on s’autorise à faire ; aussi, comment se libérer de ce que pensent les autres de ce que je suis en train de faire, essayer de vraiment travailler contre l’individualisation : qu’est-ce qui m’est propre et qu’est-ce que je peux vraiment raconter qui me soit propre. 

Qu’est-ce qui est le plus important pour vous lors de l’apprentissage de la photo ?
J’insiste beaucoup sur le rapport au gain des outils du langage photographique, quel format je prends… toutes les étapes jusqu’à la mise au mur, à la mise en forme finale. Egalement, il faut vraiment réfléchir à des choses basiques comme qu’est-ce qu’une photo verticale va amener par rapport à une photo horizontale… Réfléchir sur les effets de nos choix et dans un travail achevé, comprendre cette adéquation de tous les éléments qui sont mis ensembles et qui à la fin vont renforcer le propos initial.

Quelles sont les qualités humaines qui vous paraissent nécessaires pour travailler en tant qu’auteur ?
L’esprit de curiosité, l’envie d’aventure intérieure, une sorte de recherche incessante de ce qui vous anime. Où est son désir… Personnellement, quand quelque chose me fait peur je sais que c’est là où je dois aller. Une sorte de confrontation pour tout ce qui questionne la frontière et qu’est-ce qui se passe après la frontière, qu’est-ce qui se passe une fois qu’on a passé le pas et qu’on est un peu de l’autre côté du miroir.


Quelles sont vos actualités et vos projets ?  
En ce moment j’expose à la Fisheye Gallerie à Paris avec de la photo et de la vidéo qui tourne autour de l’ère Trump et de ce que c’est que cette Amérique qui nous surprend et qui nous effraie. Essayer d’aller voir en pays « Trumpiste » et de comprendre qui sont ce gens-là.

Jean-Christian Bourcart expose actuellement à la Fisheye Gallery

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