Note d’intention

Ça fait des noeuds une famille. Et puis c’est le bordel aussi, une famille.
C’est d’ailleurs plus souvent la jungle.
Ça crie, ça hurle, y a en qui s’emmêlent et c’est fini.
Et puis il y a ces personnes qui font tout tenir ensemble.
Dans le creux de leurs mains, silencieusement, qui ramassent les morceaux et gardent les mailles au chaud.
Quand une personne disparaît, que reste-t-il ?
Où vont les fils rouges qu’elle tenait ?
Peut être qu’ils s’écrasent pour toujours stupidement sur le sol.
Peut être qu’ils retrouvent une forme d’autonomie, se nouant tant bien que mal les uns aux autres, autrefois contraints ensemble.

*Jeanette et Michel

Les mots de la photographe

« Pour la série Joyeux Bordel, j’ai choisi d’interroger la structure familiale, souvent centrée autour d’une figure de rassemblement. On a tous dans nos familles un oncle, une cousine, un parent éloigné qui reste en lien uniquement grâce à une personne pivot. Mais que se passe-t-il lorsque cette personne disparaît ? Les liens se reforment-ils d’eux-mêmes, ou bien se délitent-ils pour de bon — comme des fils abandonnés sur le sol ? Ça fait des nœuds une famille. Et puis c’est le bordel aussi, une famille.  Ça crie, ça hurle, il y en a qui s’emmêlent et c’est fini. C’est ma grande-tante de 97 ans, Tatie Jeanette, que l’on voit en bleu sur la photo, qui a été le point de départ de ce projet. Sa douceur impassible m’a toujours fascinée. »

*Arzile et Françoise