Une ville en héritage
Né à Reims en 1964, formé à l’ETPA à Toulouse, Jean-Michel Mart débute à L’Indépendant de Perpignan avant de rejoindre, en 1991, la rédaction du Midi Libre à Montpellier. Le photoreporter y affine alors son regard à la fois attentif et discret, capable de capter l’instant décisif sans jamais l’arracher à sa douceur.
L’exposition met en lumière trente-quatre années de « petite et grande histoire » de Montpellier : visites officielles, figures politiques, artistes de passage, scènes sportives, mais aussi des anonymes croisés au fil. « C’est une lettre d’amour, si si, à cette ville devenue grande », explique t-il. Une déclaration qui dit tout de la relation fusionnelle entre le photographe et sa ville. La cité héraultaise apparaît ici comme une mosaïque humaine : jeunes et vieux, riches et pauvres, célèbres ou inconnus, tous saisis dans leur dignité ordinaire.



Une déambulation de moments volés
L’exposition Les Montpelliérains aux Échelles de la Ville n’est pas un simple accrochage d’archives. C’est une déambulation construite, rythmée par des juxtapositions parfois insolites, où l’émotion affleure sans pathos. On y retrouve cette capacité du photojournalisme à saisir la vérité d’un instant tout en laissant au spectateur l’espace pour interpréter.
Le montpelliérain d’adoption revendique un hommage à la photographie de presse, à ses rédacteurs et compagnons de terrain. L’exposition agit ainsi comme un rappel salutaire : derrière chaque cliché publié, il y a une chaîne humaine et une éthique du regard. Exposé à la mairie de Perpignan en 1988, à la Chapelle de Carcassonne en 2004 ou encore à la Maison de Heidelberg de Montpellier 2005, Jean-Michel Mart voit aujourd’hui son travail réuni dans une forme plus qu’ aboutie, presque testamentaire.



Montpellier, au présent du regard
En parcourant l’exposition, on comprend que la force de Jean Michel Mart tient à son attachement au réel. Pas d’effet spectaculaire, mais une attention constante aux visages, aux gestes minuscules, aux lumières changeantes de la ville. L’inattendu du quotidien devient un sujet de prédilection tandis que Montpellier devient un personnage principal : ses rues, ses places, ses fêtes, ses drames en bref ses saisons. Et à travers elles, une population « si diverse qu’on ne se sent jamais rejeté », décrit-il.
L’exposition reste visible jusqu’au 29 mars 2026, s’impose déjà comme un rendez-vous incontournable pour qui s’intéresse à la photographie documentaire et à la mémoire urbaine. Plus qu’un reportage au long cours, Les Montpelliérains est une déclaration d’attachement. Une archive vivante et t la preuve qu’un regard patient peut, année après année, transformer l’actualité en patrimoine sensible.


📅 Dates : jusqu’au 29 mars 2026
📍 Lieu : Échelles de la Ville 1 Place Paul Bec 34000 Montpellier
💡Plus d’infos: exposition gratuite
