Lors du Grand Prix Photographie 2026, l’ETPA a décerné une Mention spéciale à Alyssa Colmant. Cette distinction récompense un travail documentaire sensible, porté par une réflexion sur la mémoire, la transmission et les liens familiaux. Elle vient saluer trois années durant lesquelles la jeune photographe a construit, pas à pas, un regard profondément humain.

Une vocation née du souvenir
Depuis l’enfance, Alyssa Colmant entretient une relation particulière avec l’image. Elle raconte avoir longtemps filmé son quotidien avec de petits appareils compacts, créant ce qu’elle appelle de véritables « capsules temporelles » destinées à son futur. Peu à peu, la vidéo laisse place à la photographie, qui devient une manière de conserver la mémoire des personnes, des lieux et des instants qui comptent.
C’est au lycée que son intérêt pour la photographie prend une nouvelle dimension. « Sans trop savoir l’expliquer, j’ai ressenti le besoin d’approfondir ce domaine, tant sur le plan technique que culturel », explique-t-elle. Après son baccalauréat, elle choisit alors d’intégrer directement l’ETPA afin de découvrir l’univers photographique qui lui correspond le mieux.
Trouver sa voie à l’ETPA
Lorsqu’elle rejoint l’école, Alyssa possède peu de connaissances techniques. Au fil de la formation, elle acquiert les bases indispensables de la photographie tout en développant une véritable culture de l’image.
C’est au cours de sa deuxième année qu’elle découvre le documentaire et le reportage, des disciplines dans lesquelles elle s’épanouit pleinement. Comme elle le résume, « les images ont besoin de former un tout. Elles peuvent être belles individuellement, mais pour raconter, elles ne se suffisent pas à elles-mêmes. »
Au-delà des enseignements techniques, elle retient surtout l’accompagnement des équipes pédagogiques, qui ont joué un rôle essentiel dans son évolution artistique.
Un projet intime autour de la mémoire familiale
Le travail présenté au Grand Prix prend sa source dans une histoire personnelle. Souhaitant mieux connaître sa grand-mère paternelle, qu’elle appelle sa Tounia, Alyssa part au Laos pour documenter les lieux de son enfance. Sur place, le projet évolue au contact de la réalité : la ville a profondément changé et sa grand-mère, blessée peu avant son arrivée, ne peut l’accompagner dans cette quête.
Elle réalise alors un documentaire sur un quotidien suspendu, rythmé par les silences et les absences. Une phrase de sa grand-mère devient le fil conducteur du projet : « Tout mon cœur est en France, mes 30 petits-enfants, mes enfants. Mais au Laos, c’est ma vie d’enfance, c’est ma naissance. » Cette rencontre lui permet de mieux comprendre son histoire familiale et d’amorcer un nouveau dialogue entre les générations.
Une distinction qui confirme un parcours
Recevoir cette Mention spéciale représente un moment particulièrement fort pour la jeune photographe. Après plusieurs mois de doutes, cette récompense lui apporte une reconnaissance précieuse.
Comme elle le confie, « c’est une reconnaissance qui me rassure dans mes choix artistiques et m’apporte un peu de la confiance qui me manquait pour la suite. »
Aujourd’hui, Alyssa s’apprête à prendre une année de césure afin de voyager, perfectionner ses langues et poursuivre ses projets documentaires au long cours. À terme, elle souhaite intégrer le Master Photographie de l’Université Paris 8 et continuer à raconter les histoires qui lui sont chères, avec cette même attention portée à l’humain et à la mémoire.
Vous pouvez découvrir davantage de ses projets photographiques et suivre son actualité sur son instagram : @alyssa.clmt
