À travers une approche sensible, personnelle et documentaire, Ambre Canet développe une photographie qui explore aussi bien la mémoire que les émotions, les corps ou encore la place des femmes. À l’issue de sa troisième année à l’ETPA, son travail a été distingué par une mention spéciale du Grand Prix 2026, venant saluer un parcours construit avec exigence et sincérité.
Une vocation née progressivement
Originaire du nord du Lot, Ambre Canet découvre très tôt la photographie en empruntant les appareils de ses parents pour photographier ce qui l’entoure : fleurs, objets, petits détails du quotidien. Mais c’est plus tard, au cours de sa classe préparatoire CPES-CAAP au lycée d’Arsonval à Brive-la-Gaillarde, que la photographie s’impose véritablement dans son parcours. Inspirée notamment par le travail d’une amie, elle achète alors son premier appareil argentique puis son premier boîtier numérique.
Après un baccalauréat mêlant notamment arts plastiques, anglais, littérature et philosophie, elle choisit de poursuivre dans cette voie et intègre l’ETPA. La photographie devient peu à peu une évidence pour celle qui a toujours cherché à évoluer dans un environnement créatif et artistique.

Trois années pour construire son regard
Ambre commence son parcours à l’ETPA par deux années de BTS Photographie, qui lui permettent de développer sa technique, son savoir-faire et sa confiance dans son travail. Elle poursuit ensuite en troisième année, réalisée en alternance au Studio Lucette.
Cette dernière année marque particulièrement son évolution artistique. Parmi les rencontres qui l’ont marquée, elle cite notamment la photographe Jane Evelyn Atwood, dont le parcours et le regard ont nourri sa réflexion.
Au fil de sa formation, Ambre affine surtout une écriture qui lui ressemble davantage. Elle explique avoir appris à chercher une manière de photographier qui lui soit propre, capable de traduire son identité et sa sensibilité à travers l’image.
Son univers se dessine progressivement autour d’images qu’elle qualifie elle-même de poétiques, simples, douces et lumineuses. Elle aime partir de sentiments ou d’expériences personnelles pour aborder des sujets qui peuvent ensuite trouver un écho plus universel.
Entre engagement et récit intime
Cette volonté de raconter se retrouve notamment dans PaysanNE, ni fragile, ni silence, une série documentaire consacrée à Laura, agricultrice dans les vallées de l’Ariège.
À travers ses photographies, Ambre raconte son quotidien, sa détermination mais aussi sa place de femme dans un univers encore marqué par les stéréotypes. Le projet interroge ainsi la réalité du monde agricole tout en mettant en avant une parole et une expérience féminines.
Avec Zéro, quatre, trois cent vingt-huit, Ambre se tourne cette fois vers une histoire beaucoup plus personnelle. Le projet naît après le décès de son père et explore le deuil, la mémoire et surtout la peur de l’oubli.
La photographie devient alors un moyen de conserver des gestes, des souvenirs et une présence. Ambre utilise notamment l’appareil Coolpix de son père comme un lien avec cette mémoire, transformant une expérience intime en travail photographique.
Son travail s’étend également à d’autres univers, comme Les Têtes d’épingles, autour de la couture, des matières et du corps, ou encore Bazar, qui aborde le rapport au corps et au soin à travers des scènes du quotidien.



Une mention spéciale pour conclure une année exigeante
La mention spéciale du Grand Jury vient clôturer une troisième année particulièrement dense pour Ambre. Réalisée en alternance, cette année lui demande de trouver un équilibre entre rythme professionnel, travail personnel et exigences de la formation.
Une récompense qui prend donc une dimension particulière :
« La simple récompense d’une mention fait chaud au cœur et montre que même en alternance on peut y arriver. »
Pour Ambre, cette distinction est aussi liée à son histoire personnelle. Elle choisit de la dédier à son père, auquel elle associe les réussites et les moments importants de cette année.
Continuer à créer
Après l’ETPA, Ambre souhaite poursuivre son parcours dans la photographie et envisage dans un premier temps de travailler à Paris.
À plus long terme, elle nourrit également le projet d’ouvrir sa propre galerie, avec l’envie de créer un lieu différent et de mettre en avant aussi bien des photographes reconnus que des artistes émergents.
Un projet cohérent avec une démarche qu’elle résume elle-même en quelques mots : « Mon travail est poétique et sincère. »
Une approche personnelle, nourrie par le réel et les émotions, que cette mention spéciale vient aujourd’hui mettre en lumière.
Vous pouvez découvrir davantage de ses projets photographiques et suivre son actualité sur son instagram : @_caneta__
