Le Grand Prix Photographie 2026 a récompensé une nouvelle génération de photographes aux univers singuliers. Parmi les lauréats, Karen Kouamé, diplômée de l’ETPA, s’est vu décerner le Prix Spécial, une distinction qui salue la sensibilité de son regard, la force de sa narration et la profondeur des thèmes qu’elle explore à travers son travail.
Entre portrait, documentaire et photographie de mode, Karen développe une écriture visuelle où se mêlent identité, mémoire, transmission et résilience. Un univers personnel qui a su convaincre le jury et faire écho auprès du public.

Un parcours guidé par la passion de l’image
Originaire d’Abidjan et aujourd’hui installée à Toulouse, Karen Kouamé découvre très tôt la photographie grâce à son père. Après un parcours universitaire entre la Côte d’Ivoire, le Maroc et la France en économie et marketing digital, elle décide en 2023 de rejoindre l’ETPA afin de se consacrer pleinement à sa passion.
Si elle pratique déjà la photographie en autodidacte depuis plusieurs années, c’est à partir de 2019, après une épreuve personnelle, qu’elle découvre toute la puissance de l’autoportrait. La photographie devient alors bien plus qu’un moyen d’expression : un véritable outil de reconnexion à soi et à ses racines.
Son travail s’articule aujourd’hui autour de thèmes forts tels que la transmission, l’identité culturelle et les héritages afro-diasporiques, avec une volonté constante de raconter des histoires profondément humaines.
Trois années à l’ETPA pour ouvrir son regard
En intégrant l’ETPA, Karen Kouamé est avant tout tournée vers la photographie de mode. Au fil des projets et des rencontres, elle découvre d’autres écritures photographiques, notamment le documentaire et le reportage, qui viennent profondément enrichir sa pratique.
« Mon passage par l’école a profondément transformé et ouvert mon regard. Au début, j’étais assez fermée aux autres disciplines comme le documentaire ou le reportage. Au terme de mes trois années de formation, ma vision a radicalement évolué. »
Cette évolution est également nourrie par les échanges avec ses enseignants, notamment Jean-Luc Aribaud, Stéphane Redon et Philippe Grollier, dont l’accompagnement et les retours critiques ont joué un rôle déterminant dans la construction de son identité photographique.
« Heal by Hair », un documentaire engagé
Le projet récompensé lors du Grand Prix Photographie 2026 porte un sujet encore largement méconnu : la santé mentale des femmes en Afrique.
Intitulé Heal by Hair : Cheveux comme thérapie, ce documentaire suit le programme de la Bluemind Foundation, une association qui forme des coiffeuses aux premiers secours en santé mentale. À travers son objectif, Karen montre comment les salons de coiffure deviennent de véritables espaces de parole, où les femmes peuvent enfin partager leurs difficultés dans un environnement de confiance.

Loin d’un regard purement documentaire, la photographe revendique une approche profondément personnelle.
« Je n’ai pas voulu photographier ce sujet de manière distante ou purement journalistique : j’y ai posé un regard profondément intime et engagé, car c’est une réalité qui me touche et me concerne directement. »
À travers cette série, Karen Kouamé démontre toute la capacité de la photographie à raconter des histoires sensibles, à créer du dialogue et à rendre visibles des réalités encore trop souvent invisibilisées.
Une récompense qui confirme une démarche artistique
Pour Karen Kouamé, ce Prix Spécial représente avant tout la reconnaissance d’un engagement artistique construit au fil des années.
« C’est la preuve concrète que les messages que je cherche à véhiculer à travers mes images ont été compris et ont résonné auprès du public et du jury. »
Au-delà de la distinction, cette récompense vient conforter une démarche où la photographie devient un outil de transmission, de réflexion et de partage.
Continuer à raconter des histoires qui ont du sens
Karen souhaite désormais poursuivre le développement de son travail autour de trois axes qui lui tiennent particulièrement à cœur : le documentaire social, le portrait et des projets visuels plus conceptuels mêlant photographie et interventions graphiques. En parallèle, elle ambitionne de créer une véritable synergie entre ses compétences en marketing digital et sa pratique photographique afin de continuer à développer des projets personnels ambitieux.
Une ambition qu’elle résume en une phrase devenue sa signature :
« Ma culture est ma marque. »
Vous pouvez découvrir davantage de ses projets photographiques et suivre son actualité sur ses différentes plateformes :
- 🌐 Site internet : creativejeremiah.com
- 📸 Instagram : @jeremiah.photographe

