Résumer cet article avec :

À l’occasion du Grand Prix Photographie 2026 de l’ETPA, Mélissa Tassadit Mekboul a reçu une mention spéciale pour Beauty Routine, une série de quatre photographies qui questionne les rituels liés à la beauté féminine et les contraintes qu’ils peuvent faire peser sur le corps.

Photographe depuis 2020, Mélissa développe un travail entre photographie de mode et photographie plasticienne, avec un univers marqué par la couleur, le cinéma et la métamorphose.

De l’art plastique à la photographie

Le lien de Mélissa avec la photographie commence assez tôt. Enfant, elle découvre notamment les images de mode en feuilletant les magazines de sa mère. Une première approche de cet univers qui continuera de l’accompagner quelques années plus tard.

Avant d’intégrer l’ETPA, elle suit une licence puis un master en Arts plastiques à Aix-Marseille Université. Elle commence à pratiquer la photographie en 2020 et s’oriente progressivement vers une pratique mêlant mode et approche plasticienne.
C’est pendant son stage de première année que son envie d’en faire son métier se confirme réellement. Son premier shooting réalisé en équipe lui permet de découvrir concrètement le fonctionnement d’une production photographique et surtout le plaisir de travailler entourée d’autres profils créatifs.

« Ma première expérience de shooting photo en équipe m’a permis de découvrir un univers dans lequel je me suis sentie pleinement épanouie, entourée de personnes créatives et passionnées. »

Un univers photographique inspiré par le cinéma

Mélissa décrit son univers comme onirique et inspiré par le cinéma, avec une place importante donnée aux couleurs et aux ambiances. Parmi ses influences, elle cite notamment la photographe Petra Collins, dont elle apprécie l’esthétique sensible et intime.

Dans ses photographies, elle s’intéresse particulièrement à la femme, à la métamorphose, au rêve ou encore à la réappropriation de soi. Son travail cherche à traduire des états intérieurs, des émotions et des sensations plutôt qu’à simplement représenter un sujet.

« J’aime m’intéresser aux transformations, aux états intérieurs et à la manière dont ils peuvent être traduits de façon subjective en image. »

«Beauty Routine», questionner les gestes du quotidien

Pour le Grand Prix Photographie 2026, Mélissa présente Beauty Routine, une série composée de quatre images.

Le projet part d’objets et de gestes très ordinaires associés aux routines de beauté : pinces, masques, instruments de soin ou accessoires destinés à modifier et mettre en forme le corps.

À travers cette série, Mélissa s’intéresse à la contrainte qui peut se cacher derrière ces gestes. Face au miroir, le corps est parfois corrigé ou transformé pour correspondre à certaines normes. Elle questionne ainsi la limite entre le soin et la contrainte, mais aussi la manière dont certains gestes inconfortables ou douloureux ont fini par être intégrés à des routines considérées comme normales.

« La beauté apparaît alors comme quelque chose de répétitif et silencieux, une douleur intégrée et socialement acceptée. »

Avec Beauty Routine, elle poursuit ainsi les thèmes déjà présents dans son travail, notamment autour du féminin, du corps et de la transformation.

L’ETPA pour développer sa technique et son regard

Au cours de sa formation à l’ETPA, Mélissa a notamment développé sa maîtrise de la lumière naturelle et construite, en studio comme en extérieur.

Elle explique également avoir gagné en exigence dans sa manière de travailler. Une évolution qui l’a amenée à accorder davantage d’importance aux détails, à l’esthétique et à la qualité finale de ses images.

Parmi les temps forts de sa formation, elle retient particulièrement le workshop avec Olivier Culmann, qui l’a marquée par son approche de la photographie et les échanges autour des travaux des étudiants.

Une mention spéciale et déjà de nouveaux projets

Recevoir une mention spéciale au Grand Prix Photographie 2026 a été une surprise pour Mélissa, mais aussi un encouragement pour la suite.

« Je ne m’y attendais pas. Cela me motive à continuer à explorer et à approfondir ma pratique. »

Elle souhaite désormais poursuivre son parcours dans la photographie de mode et envisage de rejoindre Paris pour travailler dans ce secteur et développer son expérience professionnelle.

Un projet qui s’inscrit dans la continuité de son univers, à la croisée de la mode et de la photographie plasticienne. Une pratique qu’elle résume elle-même en une phrase :

« La photographie est pour moi un lieu de métamorphose où je peux me transformer, me fragmenter et me reconstruire dans l’image. »