Le vendredi 17 avril, l’ETPA a accueilli Stéphanie Lacombe pour une conférence pensée comme un temps d’échange avec les étudiants. La photographe a présenté son travail, répondu à de nombreuses questions et rappelé, à travers son parcours, combien la photographie peut devenir un outil de regard sur le réel autant qu’un espace de dialogue. Son approche s’inscrit dans une pratique sensible du quotidien, au plus près des classes populaires.
Une photographie du réel, au plus près des vies ordinaires
Le travail de Stéphanie Lacombe se déploie dans un langage que l’on peut rapprocher du documentaire-direct, avec une attention particulière portée au lien entre textes et images. Ses séries explorent la vie quotidienne des classes populaires à travers des gestes simples et décisifs : se loger, se déplacer, consommer, se divertir, se nourrir. Cette attention aux scènes ordinaires donne à son œuvre une force particulière, entre observation sociale et justesse plastique. Parmi ses projets les plus connus figurent La table de l’ordinaire, consacrée aux repas du quotidien, et plus récemment Hyper Life, série de portraits réalisés sur un parking de supermarché.
À l’ETPA, cette manière de faire image a trouvé un écho direct auprès des étudiants. La conférence a permis de mesurer comment Stéphanie Lacombe construit des séries où l’ancrage documentaire ne s’oppose jamais à une écriture personnelle. Au contraire, ses photographies donnent une place centrale à la rencontre, à la parole et à la mise en relation des images avec des textes, dans une forme qui prolonge le récit sans l’enfermer.



Un échange nourri avec les étudiants de l’ETPA
La conférence a aussi permis un véritable temps de discussion avec les étudiants autour de son approche sensible et engagée, en répondant à leurs nombreuses questions. Cette rencontre liait les enjeux de la pratique artistique aux réalités de terrain, à la construction d’un point de vue et à la manière de faire exister un sujet sur le long terme.
Ce dialogue avec les étudiants prend d’autant plus de relief que Stéphanie Lacombe revendique une photographie attentive aux gens, à leurs usages et à leurs espaces de vie. Dans son travail, la mise en scène des modèles, le réglage des lumières ou la construction du cadre ne servent pas à embellir le réel, mais à lui donner une densité juste, partagée. À l’ETPA, cette exigence a sans doute résonné comme une leçon de méthode autant que comme une leçon de regard.


Un parcours reconnu et un livre attendu au printemps
Née en 1976 à Figeac et diplômée de l’ENSAD, Stéphanie Lacombe compte parmi les photographes documentaires françaises les plus reconnues de sa génération. Son parcours a été distingué par plusieurs prix importants : Prix Niépce en 2009, Prix L’Obs en 2020 et Grande Commande de la BnF en 2022, selon la présentation de son ouvrage Haut les cœurs par Les Éditions de Juillet. Son travail a également été choisi pour la création de deux affiches artistiques pour les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024.
Cette actualité à l’ETPA s’inscrit dans un moment éditorial fort : la parution de son livre Haut les cœurs aux Éditions de Juillet, après avoir été présenté comme une synthèse de plusieurs séries réalisées dans les Hauts-de-France. L’ouvrage rassemble notamment Immobile Home, Hyperlife et Somme Toute, et prolonge sa réflexion sur les territoires populaires, les vies discrètes et les formes de solidarité qui les traversent. La conférence offrait ainsi aux étudiants un accès direct à une photographie en pleine effervescence, entre engagement, transmission et édition.


Stéphanie Lacombe a rencontré les étudiants de l’ETPA le vendredi 17 avril pour une conférence suivie d’échanges nourris. Son travail, à la croisée du documentaire et du texte, interroge les vies ordinaires avec précision et sensibilité, tandis que son livre Haut les cœurs s’annonce comme une nouvelle étape importante de son parcours
Crédit photographique © Esther Favié.
