Adam Fuss

Adam Fuss, l’alchimiste

28/04/2016 - 2 minutes
Actualité

À son arrivée à New York en 1982, le photographe anglais Adam Fuss (né en 1961) expérimente de façon autodidacte, sans avoir recours à un appareil photo.

Les photogrammes lui permettront de « faire », et non de « prendre », ses images.

Plus proches des toutes premières photographies d’Henry Fox Talbot que des rayogrammes de Man Ray, il s’attache aux éléments naturels, à leur forme et à leur force.

Il capture ainsi, sur un support photosensible, les ondes de gouttes de pluie, les silhouettes de deux lapins viscéralement unis pour l’éternité, ou l’ombre grenouillesque d’un bébé sur une surface aquatique.

« C’est généralement toute mon expérience au sein de la nature et ce que j’ai vécu dans mon enfance que je re-conceptualise dans mon studio », explique-t-il.
 
D’autres mises en scène prennent des allures fantomatiques telles ces robes dans lesquelles Adam Fuss glisse des serpents.

Leurs physionomies sinueuses semblent alors flotter comme des ectoplasmes, animant de leur énergie le vêtement sans vie.

Cette image d’une robe sans corps, ni tête, peuplée de serpents, évoque pour l’artiste le mythe de la Méduse.

Elle est aussi représentative de sa fascination pour ces reptiles dont il possède un grand nombre de spécimens dans son studio new-yorkais.

« Quand j’ai commencé à faire des photos de serpents se déplaçant dans l’eau, c’était dans une vision très positive. Ils voulaient s’échapper et être libres.
Ils véhiculent pourtant une image négative. Je m’intéresse à ce paradoxe et à la compréhension de cette perception péjorative. » 

Parmi les procédés techniques anciens, Adam Fuss se passionne également pour les daguerréotypes, persistant à être étonné par leur procédé de réalisation.

Crédits photos : Adam Fuss 


Adam Fuss

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27 janvier 2023

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